
Dans les quartiers prioritaires de Marseille et d’Arles, VIVACITÉ porte un programme pour anticiper la perte d’autonomie des seniors locataires. L’enjeu : ne pas attendre que les situations se dégradent, mais tisser le lien entre des dispositifs qui existent déjà et des personnes âgées qui ne les connaissent pas, ou trop peu.
Des ressources qui n’atteignent pas leur public
Le programme Bien Vieillir est né d’un constat simple mais tenace : il existe de nombreux dispositifs financés — CARSAT, caisses de retraite, services d’aide à domicile, pôles d’information seniors — mais ils fonctionnent en mode réactif, attendant que le public vienne à eux. Or, face à des personnes âgées de 75, 80, parfois 95 ans, souvent isolées et peu habituées à recourir aux services sociaux, cette attente laisse des situations sans réponse.
« On est face à des locataires qui ont le droit de bénéficier d’aides médicalisées, d’aides à domicile — et qui ne le savent pas », résume Nathalie Berthe, directrice de l’Innovation Sociale.
Le projet s’inscrit dans une logique “d’aller vers” : rencontrer les seniors chez eux, identifier les besoins, puis les ramener vers ce qui existe. Mais au fil de la mise en œuvre, une autre dimension s’est révélée centrale.
L’innovation : faire travailler ensemble
« On pensait être innovant en allant vers et en ramenant vers. Mais en fait, le plus gros travail aujourd’hui, c’est de faire en sorte que tout le monde travaille ensemble. »
Ce qui distingue Bien Vieillir, ce n’est pas tant la méthode de contact que la création d’une coordination de proximité entre des acteurs qui interviennent souvent en silo, sans se croiser. VIVACITÉ joue ici un rôle de chef de file d’un consortium partenarial inédit, réunissant l’AGS, Sud Eval pour l’évaluation des besoins à domicile avec mandat de la CARSAT, l’AMCS et l’association SETE, regroupement de médecins intervenant auprès des personnes âgées. Trois bailleurs sociaux — 13 Habitat, ICF et Erilia — sont engagés sur les sites d’intervention, dans des résidences situées en quartiers prioritaires à Marseille et à Arles.
Quatre axes d’action
Le programme structure son intervention autour de quatre priorités : adapter le logement et prévenir la perte d’autonomie ; promouvoir la santé et le bien-être ; lutter contre l’isolement ; coordonner les acteurs à l’échelle locale. Un travail de cartographie approfondi des dispositifs existants sur chaque territoire a été mené en amont — condition indispensable pour orienter efficacement les seniors vers les ressources mobilisables.
Les effets de cet accompagnement feront l’objet d’une mesure d’impact rigoureuse dans le cadre de Size Up, programme de l’ESSEC dédié à l’évaluation de l’impact social des associations. Une façon d’ancrer Bien Vieillir dans une démarche d’amélioration continue, pour les équipes comme pour les financeurs.
Le terrain révèle aussi une réalité souvent invisible : derrière les seniors en difficulté, il y a des aidants — le plus souvent des proches — qui s’épuisent faute de savoir vers qui se tourner. Le programme prend également en compte ces situations, en orientant les familles vers les ressources adaptées.
Ce que ce programme démontre
Bien Vieillir illustre ce que VIVACITÉ défend depuis plusieurs années : l’accompagnement social le plus efficace n’est pas celui qui se substitue aux dispositifs existants, mais celui qui crée les conditions pour qu’ils fonctionnent vraiment — ensemble, et au plus près des personnes.

